Marc COMBIER

Fiches de Mr Cinéma



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Fiches de Mr Cinéma

Marc Combier a apporté quelques modifications au texte que nous avions consacré aux Fiches de Monsieur Cinéma. Nous avons profité de ce contact pour l'interviewer.

Quelles études avez-vous suivies ? Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?

J’ai été élève à l’école d’arts graphiques Estienne. Je n’ai pas eu « d’activités » dans le cinéma pendant cette période. En revanche dès 1962, j’avais 11 ans, je fréquentais assidûment les salles de cinéma. Et, à la maison grâce à la télévision qui diffusait régulièrement des films du répertoire, j’ai découvert tout le cinéma classique, les films anciens. Mes sources de « formation » étaient la revue « Cinéma 64 et la suite » et les dictionnaires de Georges Sadoul.

Votre père était photographe et il imprimait des cartes postales, vous êtes passionné par les arts graphiques et vous créez, en 1976 la société « Images et Loisirs » pour éditer les « Fiches de Monsieur Cinéma ». Une autre forme d’expression ?

En effet, liée à ma formation aux métiers de l’imprimerie, l’édition de fiches était assez proche des cartes postales : même type de papier, d’impression et un format voisin. Cette publication s’inscrivait comme une nouvelle activité naturelle pour notre imprimerie. En revanche les fiches ont nécessité une toute nouvelle approche commerciale, ce qui nous a amenés à créer la société Images et Loisirs.

Dites-nous en un peu plus sur cette aventure avec Pierre Tchernia et Jacques Rouland.

Quand nous avons pensé aux fiches comme un nouveau marché, j’ai tout de suite pensé au cinéma que j’aimais et dont je voyais bien l’application en fiches. Nous avons imaginé immédiatement à Pierre Tchernia comme « parrain » de cette collection. En 1974, lors du premier rendez-vous avec Pierre Tchernia et Jacques Rouland qui étaient les producteurs de Monsieur Cinéma, Pierre nous a donné son accord avec l’unique condition qu’il se charge de toute la partie rédactionnelle, choix des titres, des rédacteurs, des photos.
Nous n’en attendions pas tant, c’était inespéré ! Pendant deux ans nous avons mis tout en place, maquettes, rédaction, fabrication, méthodes de commercialisation, gestion des abonnements avec des procédés informatiques très lourds à l’époque. C’est grâce à Alain le Toullec de l’agence de marketing direct De Mendez que nous avons pu mener à bien cette énorme tâche dans des domaines inconnus pour moi. Nous avons lancé la première publicité dans Télérama en septembre 1976. En décembre nous comptions 20 000 adhérents.
À l’époque les fiches étaient la seule façon de retrouver le plaisir de retrouver une trace fixe les films ou des acteurs et réalisateurs que nous avions aimé, avec une histoire détaillée ou la filmographie complète et des photographies représentatives. Pas encore de cassettes vidéo éditées, pas de Canal +, pas d’Internet, bien sûr, les films en super 8 restaient marginaux. Au départ, 25 fiches paraissaient chaque mois, puis nous sommes passés à 50, puis revenus à 36 pour des problèmes de format d’impression. La fin de l’émission Monsieur Cinéma et ses succédanés a entraîné une chute régulière des abonnés. Mais aujourd’hui avec un peu moins de 3 000 adhérents, la collection continue.

Pourquoi « Images et Loisirs » n’a pas de site internet ? Où trouve-t-on actuellement les « Fiches de monsieur cinéma ». Comment assurez-vous la promotion ?

Dès 1986, les fiches ont intéressé les producteurs des nouveaux supports numériques et plusieurs projets nous ont été soumis, mais ce n’est qu’en 1999 que Pierre Tchernia, en grand sage, a accepté que nous lancions un site internet et en septembre de la même année Jérôme Chasquès, Édouard Morhange et moi-même lancions le site www.m.cinema.com avec la présence de 9 000 fiches en ligne. Attaqués par Allo-Ciné qui avait déposé le nom du site 3 jours avant nous, nous avons pu défendre notre marque et continuer l’activité. C’était la fameuse période de la « bulle internet ». Mes deux associés du départ ont vendu le site à Liberty Surf qui a revendu ensuite à Tiscali, puis ce fut Alice qui a cédé le site à Free.fr. Cette dernière société exploite toujours notre base de données. On trouve les fiches de M. Cinéma par correspondance à Images et Loisirs. Nous assurons aussi la fourniture des fiches déjà parues. Quand elles sont épuisées, nous publions des fiches en fac-similé. Par ailleurs la librairie Ciné Reflets 14 rue Monsieur le Prince à Paris, assure leur diffusion sur Paris et Philippe Corsain, la Librairie du Cinéma à Genève pour la Suisse.
La promotion se fait toujours par le même moyen : les annonces-presse dans les magazines de cinéma et de télévision.

Vous êtes aussi auteur d’autres ouvrages sur le cinéma.

Oui, avec notre équipe de M. Cinéma, de douze albums chez Casterman (Les 80 grands succès du cinéma) de 1988 à 1992, deux ouvrages chez Larousse, Nos films de toujours (3e édition) et Nos stars de Toujours (épuisé).

Le développement d’Internet est il un frein, un complément, une opportunité marketing, ou la fin des revues et fiches de cinéma ?

Si je connaissais la réponse exacte, je serais un homme heureux ! Notre site a permis de trouver de nouveaux adhérents aux fiches classiques, mais il est indéniable que nous subissons comme les magazines ou les revues un non-renouvellement des cinéphiles au sens large. Pierre Tchernia, dès 1995, constatait un très net changement dans l’intérêt du public amateur de cinéma et le manque de mémoire pour les classiques du cinéma.

Parlez-nous du « Conservatoire des Publicités Extérieurs et Routière ».

Deux autres de mes passions, la photographie et la typographie se marient dans ces vestiges de notre patrimoine publicitaire. Le CONPER est un combat contre le temps et les publiphobes. En effet ces anciennes publicités murales sont des traces uniques d’un quotidien récent. Obsédé par la perte de mémoire de notre vécu j’ai souhaité lancer ce conservatoire qui répertorie ces trésors en péril. Un fort intérêt est né de notre initiative (Anne-Françoise Tixier, Stéphane Mallet et moi – même). Nous sommes en cours de constitution d’une première base de données des sites répertoriés, et nous nous sommes fixé la sortie du premier inventaire avec le recensement de 1 500 sites encore visibles en France en 2010.

Quels sont les objectifs de l’association « Les gens d’images » dont vous êtes le secrétaire général ?

L’association est née en 1954 à une époque où la photographie n’était pas encore reconnue comme un art. Il n’y avait pas encore d’expositions de photographies. Notre fondateur Albert Plécy, grand promoteur de l’image, rédacteur en chef à la revue Point de Vues a consacré son talent, son charisme à donner à la photographie sa reconnaissance. Il a créé Gens d’Images qui décerne depuis cette date le Prix Niépce du meilleur photographe de l’année, le Prix Nadar du meilleur livre photo. Depuis 1999 nous décernons le Prix Arcimboldo qui récompense la meilleure création numérique photographique. Nous tenons deux réunions mensuelles à Paris où sont présentés des travaux de photographes.

Quelle est actuellement votre actualité ?

Nous avons apporté notre collaboration à une toute nouvelle collection d’Albums Armand Colin Cinéma chez Armand Colin avec des textes d’universitaires 4 albums paraissent le 6 novembre 2009 :
- Les Monstres au Cinéma
- Les Hommes-objet au Cinéma
- Le Péplum
- Les grands Pervers au Cinéma
et deux autres sortiront au printemps 2010
Et j’expose mon travail photographique dans différents lieux, mais c’est une autre histoire…

Propos recueillis par JLuc G, en octobre 2009
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