Nous avons profité de la célébration de la première année de parution d'ACME pour nous entretenir avec son rédacteur en chef, Danilo Zecevic.
Quelles études avez-vous suivies ? Pendant votre scolarité, avez-vous eu des activités dans le cinéma ?
Mon parcours scolaire est assez banal puisque j’ai suivi la filière habituelle des étudiants en lettres et cinéma inscrits en Faculté. Cependant, l’Université demeure un fabuleux lieu de rencontre et d’expérimentation tant du point de vue personnel que du point de vue professionnel. Avec l’aide de quelques autres étudiants, nous avions créé une revue étudiante. Petit à petit, grâce à ce projet d’apparence mineur, j’ai pris goût à l’écriture et après avoir participé à quelques autres projets de publications sur le cinéma, j’ai décidé de créer Acmé. Et puis, c’est à l’époque, en multipliant les activités, que je me suis familiarisé avec des milieux comme la distribution, l’exploitation, l’organisation de festivals, l’édition. Ce fut en tout cas une période enrichissante… qui d’une certaine manière se poursuit aujourd’hui.
Comment est née la revue interactive ACME qui vient de fêter sa première année d’existence ?
Dans la douleur comme toujours si j’ose dire. Plaisanterie mise à part, j’écrivais (avec plaisir) pour une revue de cinéma (Split Screen) mais je voulais parallèlement développer des idées personnelles sans entrer en concurrence directe avec la publication. Dès le départ, il était donc prévu qu’Acmé soit éditée en ligne. De plus, afin d’adopter un ton et une identité propres, il fallait éviter de copier les (nombreux) sites de cinéma existants aussi bons soient-ils. Partant de cette ambition et de mes propres goûts, tel Allan Quatermain je me suis mis à la recherche de mes gentlemen extraordinaires. Et c’est avec leur arrivée sur le projet que la revue est née.
Vous êtes actuellement chercheur en cinéma à Université d’Amiens – Picardie, Doctorant sur le cinéma d’animation hollywoodien. Le nom ACME est donc un hommage à l’univers des Looney Tunes ?
Pour répondre à la question, le nom d’Acmé rend effectivement un hommage aux cartoons – qui m’ont déjà porté chance par le passé. Cependant, Acmé demeure aussi un mot de la langue française qui peut être définit comme le point culminant d’une scène – le climax si vous préférez. Le nom de la revue revendique à la fois notre goût pour un cinéma populaire et élaboré et notre attrait pour une dramaturgie classique, plus émotive que pulsionnelle.
Le rôle d’internet et de ses blogs a-t-il un effet sur l’esprit de la critique ? Le développement d’internet est il un frein, un complément, une opportunité marketing ou la fin des revues papiers ?
Tout dépend de ce que l’on définit par critique.
Est-ce une activité payante, un projet éditorial qui regroupe plusieurs personnes, un avis que n’importe qui peut donner ? Sans oublier, qu’il faut faire la part entre journalisme, critique et étude.
Comme dans la plupart des autres sphères, le nombre d’avis donnés sur le cinéma s’est multiplié.
L’internaute est bombardé par une masse critique et informative au milieu de laquelle il doit faire un choix qui techniquement l’oriente vers les sites les mieux référencés et naturellement le porte vers des sites institutionnalisés.
Le contenu d’un blog, par exemple, peut être bien meilleur que celui d’un magazine tiré à 100'000 exemplaires, mais ne sera pas plus lu pour autant.
En cela, se faire un nom et amener le lecteur à vous lire devient de plus en plus difficile.
Tout simplement, le choix de lecture ne se fait pas de la même façon que cela pouvait se faire dans une librairie.
En même temps, l’internaute a déjà ses habitudes ne serait-ce que celui de la gratuité.
Les textes dans la presse sont désormais plus courts et s’adaptent aux habitudes de lecture sur écran.
Mais la presse écrite demeure (à tort ou à raison) un gage de qualité pour de nombreux lecteurs.
Ainsi, les avis et les arguments se répètent, le consensus critique – déjà présent dans la presse écrite – se reflète sur la toile, les rares avis originaux sont noyés dans un flot de copier / coller et d’expressions passe partout.
Papier et web sont amenés à devenir de plus en plus complémentaires.
Pour de nombreux groupes, le site web est devenu une vitrine, la publication sur papier une manière de revendiquer son sérieux et d’apporter une plus-value par rapport au site… ce qui ne les empêche pas de se vendre à perte.
Un modèle économique reste donc à trouver. Sinon, on risque bien d’avoir une critique (et une information) de moindre qualité.
Collaborez-vous à d’autres revues ou fanzines papier ?
Pour l’instant, non, mais des partenariats ou des collaborations ne sont pas à exclure à l’avenir.
Propos recueillis par JLuc G, en décembre 2009
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